Le sentiment d’Etrangete…

Depuis des siècles maintenant, nous avons vécu dans un monde construit sur un modèle patriaracal, basé sur la hiérarchie et la domination, ce qui a généré beaucoup de compétition.

Ce modèle suggère qu’il y a ‘les uns’, les plus forts, les plus puissants, les plus haut-placés, et ‘les autres’, en-dessous, de moindre importance. Cette hiérarchisation n’a pas non plus suivi de modèle équitable; ce ne sont pas nécessairement les ‘meilleurs’ (peu importe ce que cela pourrait vouloir dire) qui sont en haut de l’échelle, mais les plus influents, les plus rusés, ceux qui ont pris leur place en recourant à l’agressivité, la peur, la domination.


Et ainsi à côté de ces élites, qui semblent ‘tout avoir’, il y a ‘les autres’, pour la plupart laissés pour compte, utilisés, manipulés. Ce ne sont pas les qualités humaines, la sagesse, les compétences pour exercer une fonction, ou l’expérience qui ont servi de critère pour attribuer un poste, mais le nombre de possessions (et l’argent), les réseaux et les connexions. 
Et il y a tous ceux qui rentrent dans ce moule, dans ce système, dans cette construction, et qui sont valorisés (même si légèrement) et ensuite il y a les autres, ceux qui ne rentrent pas dans ce modèle rigide, qu’on classe comme marginaux, différents, et qui n’ont pas vraiment leur place dans ce sytème mais qui n’ont pas non plus vraiment d’alternative réelle.

Ce modèle est maintenant largement en train de démontrer son inefficacité et de petit à petit se déconstruire. Plutôt que de suivre un modèle donné, de plus en plus, des petits groupements s’organisent en communautés pour organiser, structurer, mener différemment. Nous revenons à un modèle horizontal, où les membres d’un groupe sont tous valorisés selon leurs compétences, leur expérience et ce qu’ils peuvent apporter à la communauté, avec les autres, chacun ayant un rôle à jour plutôt que d’être interchangeable.


Dans les anciennes traditions, les communautés, tant les prêtresses, que les sages ou les shamans, se réunissaient en cercles pour organiser la vie de la tribu et de la communauté. Dans le cercle, il n’y a pas de hiérarchie, pas de meneur, de chef, ni de maitre. Il y a une personne, qui a acquis sagesse et expérience, et qui occupe son rôle avec humilité et respect envers tous ceux qui font partie du cercle. Le cercle n’a ni commencement, ni fin; il s’écoule, à l’infini, il n’est pas figé, il est fluide.

Actuellement, alors que Chiron vient d’entrer en bélier, beaucoup de personnes commencent à éprouver un sentiment d’exclusion, de ne pas être à leur place et de ne pas savoir où est leur place. Chiron est le thérapeute blessé, qui en déséquilibre est ce thérapeute qui projette ses propres blessures sur ses patients, et se donne pour mission de ‘réparer les autres’ dans le but inconscient de se réparer lui-même… En équilibre, cette énergie nous encourage à apprendre à guérir nos propres blessures, et ainsi découvrir le thérapeute qui sommeille en nous, à travers notre propre expérience, et à construire une méthode qui favorisera la guérison, qui pourra ensuite être transmise aux autres. Ou à soigner nos blessures et ainsi pouvoir retrouver force et courage pour suivre notre chemin avec confiance et indépendance.

Chiron en bélier symbolise aussi l’exclus sacré; pour parvenir à dissoudre le modèle de masse actuel, il faut que des personnes enclenchent le mouvement de séparation, qu’elles décident de quitter les rangs, de refuser de suivre le modèle imposé et de choisir de partir à la découverte d’un autre modèle, encore à créer… Certaines personnes choisiront spontanément cette rupture avec ‘la société’, d’autres y seront plus ou moins forcés, à travers une maladie, un accident, une séparation, etc. Se sentir exclus c’est toujours se sentir mis à part d’un modèle; mais il suffit alors de trouver un autre modèle, qui nous conviendra davantage, où nous pourrons nous sentir à notre place, ou de le créer.

Nous vivons dans une période de changement; l’ancien se dissout progressivement alors que le nouveau n’a pas encore émergé tout à fait. Le changement prend du temps. Nous vivons donc en ce moment de l’instabilité, ce qui crée de l’insécurité. Mais c’est la voie des pionniers de ce monde que d’apprendre à se sentir à l’aise dans l’instabilité et à forger elles-mêmes leur destinée plutôt que suivre un chemin tracé…

Courage les amis. Ce que vous vivez contribue à la collectivité et ouvre la voie d’un nouveau monde. L’instabilité ne doit pas être synonyme d’échec ou de dévalorisation; le sentiment d’étrangeté ne doit pas signifier l’isolement et l’indadéquation. Nous n’avons pas à trouver notre place, nous avons à créer la vie dans laquelle nous aurons notre place.

J’aime la citation de Krishnamurti:  Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade…

Bonne journée à tous!
Vanessa )O(

L’exclusion est souvent le signe de nouvelles découvertes à travers un cheminement intérieur, en revenant à soi plutôt qu’en suivant un modèle extérieur…
La réalité ne se limite pas à ce qui est visible au premier regard…
Réflexions sur le mois d’avril

One Reply to “Le sentiment d’Etrangete…”

  1. Binon says:

    Merci pour cette belle réflexion, j ai ce ressenti de ne pas ou plus être à ma place, je me cherche tout le temps. Le monde dans lequel je vis ne me convient plus. J espère trouver un chemin vers un monde plus adéquat, plus rassembleur, moins réducteur. Ça viendra, j ai pris les pierres à l hôpital avec moi. Hier chez ma voisine, j ai été prise à parti violemment par sa fille et j ai la sensation que les pierres ont remis les choses très vite à leur place et que j ai déjà laissé ça derrière. A bien vite. Je vous embrasse.

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