Une autre vision de la dépression

La grande majorité d’entre nous vivons, au moins à un moment de notre vie, des moments sombres.

Nous vivons ces moments de manière différente : à travers la perte d’un emploi, un divorce ou une rupture majeure, la perte d’un être cher ou l’effondrement d’un projet dans lequel nous avions investi tout notre être… Parfois il s’agit d’une succession d’évènements qui s’enchainent comme une spirale qui nous emporte dans un trou qui peut nous sembler de plus en plus profond, de plus en plus noir, comme si notre chute n’allait jamais s’arrêter…

J’ai connu des expériences récurrentes de dépression dans ma vie et 2018 a été pour moi une autre période sombre, de profonde souffrance, de profonde solitude … Ce sujet me touche donc beaucoup. 

 

La dépression est un processus intense qui mène à une mort ; il n’est pas toujours nécessaire de passer par une mort physique pour en faire l’expérience, tout aussi vive et intense. C’est la mort d’une partie de nous, d’un mode de fonctionnement qui nous enferme et qui a besoin de voler en éclats afin de révéler notre lumière intérieure et permettre une nouvelle expansion. La dépression est associée à une chute, à la sensation de tomber dans un trou sans fond, parce que c’est un processus qui nous oblige à lâcher le contrôle que notre ego a mis en place et auquel il s’accroche, convaincu de son pouvoir à diriger la vie. Lorsque nous tombons ainsi, tous nos repères s’effondrent, la réalité telle que nous la connaissions se dissout devant nos yeux, nous confrontant à la désintégration, au vide, à l’impuissance et activant des émotions aigues d’anxiété, d’angoisse, de doute, et de panique. Nous nous sentons incompris, abandonnés, laissés de côté et surtout très seuls face à notre désespoir.

Généralement, ces épreuves que nous traversons nous amènent à découvrir la spiritualité. Puisque tout ce qui donnait du sens à notre vie s’est liquéfié, puisque personne ne semble pouvoir même comprendre notre désarroi, nous cherchons ailleurs un réconfort, un sens et une raison de continuer. C’est dans ces moments que nous pouvons rencontrer un archétype : un ange, Marie, Gaia… une énergie d’abord impalpable mais qui devient peu à peu de plus en plus tangible et présente. Ces archétypes, semblables à l’étoile dans le tarot, ramènent un peu d’espoir dans notre vie en nous aidant à percevoir une lumière dans l’obscurité qui nous entoure et nous oppresse.

Alors, progressivement, nous revenons à la vie, nous respirons à nouveau et nous nous sentons accompagnés et soutenus. Nous découvrons un nouvel intérêt pour cette voie spirituelle que nous commençons à explorer. La lumière au bout du tunnel semble se rapprocher et nous avançons sur ce nouveau chemin avec un regard nouveau.

 

Et puis un jour nous revivons des situations qui nous ébranlent, qui déstabilisent nos nouvelles fondations. Cette fois, nous sommes armés, nous avons nos nouvelles croyances spirituelles, nous sommes accompagnés des archétypes qui ont croisé notre chemin et nous restons confiants.

Nous consultons nos cartes, nous prions nos guides, nous travaillons sur nos ombres, nous entreprenons une thérapie, et nous comprenons qu’il nous faut replonger dans les souffrances de notre passé, celles que nous pensions avoir ‘réglées’… Progressivement nous émergeons, et nous mettons en place des changements dans notre vie : nous mettons fin à des relations qui ne nous conviennent pas, nous quittons un emploi insatisfaisant pour démarrer une carrière plus riche de sens, …

Dans une de mes formations, on nous avait dit que la première fois, le divin vient nous aider pour nous montrer le chemin, nous montrer que c’est possible et la seconde fois, c’est à nous de faire le chemin par nous-même…

 

Mais après quelques temps, alors que nous pensons être stables et forts dans notre connexion, à nouveau la vie vient semer le chaos et la vague nous emporte. Souvent, la dépression est plus aigüe, cette règle des trois… La spirale s’intensifie, l’obscurité que nous pensions pouvoir tenir à distance nous envahit petit à petit et nous replongeons dans la dépression avec ce sentiment de confusion et d’impuissance : pourquoi notre spiritualité ne nous préserve-t-elle pas de ces épreuves ? Nous nous sommes éveillés, nous avons changé et pourtant nous nous sentons tout aussi confus et vulnérables…  

 

On ne gère pas la dépression, de même qu’on ne gère pas la mort. C’est une expérience qui nous emporte, nous traverse et nous transperce et nous ramène à la seule réalité qui existe : rien n’est permanent, tout est cyclique et les cycles sont rythmés par la dualité de ce monde, la lumière et l’obscurité, la joie et la douleur, la vie et la mort. Nous avons choisi une expérience humaine, dans un corps physique qui sent et ressent. Nous ne pouvons pas ne pas ressentir… Et c’est d’autant plus important pour tous ceux et celles d’entre nous qui sommes sensibles, empathiques, psychiques, qui refusent de se laisser enfermer dans un mode de vie conventionnel, qui ont soif de liberté et qui souhaitent profondément être un acteur de changement dans ce monde. Notre connexion à notre intuition et notre médiumnité vient de notre capacité à ressentir, même lorsque la souffrance semble insupportable et nous déchire de l’intérieur. Lorsque nous nous qualifions d’hypersensibles, nous nous fermons et nous bloquons notre nature sensible qui est hyper-stimulée et génère une souffrance permanente. Il nous faut plonger dans l’obscurité de nos profondeurs pour confronter notre ombre et y trouver en nous la lumière. Cela fait partie de notre chemin. Notre empathie et notre médiumnité nous permet d’être connecté à tout ce qui nous entoure, la joie et la souffrance… Et c’est ainsi qu’ensuite nous pourrons devenir une lumière pour les autres dans leurs moments sombres car nous pourrons partager la sagesse que nous avons découverte à travers notre propre expérience. 

La dépression nous transforme mais ce passage de la mort à la renaissance n’est ni systématique ni fluide. Tout dépend de notre degré de contrôle, de notre capacité à résister aux flots qui pourtant nous emportent et de notre refus de lâcher prise. Cette résistance et cette résilience peuvent venir de notre éducation, de nos croyances, et sont généralement accentuées par notre mode de vie actuel et une idée parfois biaisée de la spiritualité. La spiritualité n’est pas un processus linéaire qui nous conduit vers la lumière et nous prémunit de l’obscurité. Il nous faut faire une nouvelle expérience de la dépression parce que nous ne pouvons pas utiliser notre spiritualité comme un bouclier contre l’adversité.

La spiritualité new age actuelle propage l’idée que nous devons rester positifs et confiants. Mais l’illusion est que le positif et le négatif n’existent pas, ce ne sont que des jugements de la dualité que nous percevons dans ce monde. Cela ne sert à rien de vouloir penser positif car si nous sommes de nature optimiste, nous envisagerons de toutes manières les choses avec une perspective optimiste. Et si nous ne sommes pas animés par cet optimisme, c’est que nous portons des souffrances qui génèrent une tendance à ramener ce que nous vivons à nos expériences passées ou qui activent une anticipation inquiétante de l’avenir. Peu importe que nous pensions positif ou non, la vie se passera, et pour rester en vie, il nous faudra respirer, et donc nous donner la permission d’être vulnérables, et donc de ressentir. Lorsque nous voulons trop être positifs, nous ne respirons pas, nous bloquons les anciens schémas qui ont besoin d’être exprimés et libérés, nous ne sommes pas alignés avec le flot de la vie. La chute arrivera malgré tout; elle sera probablement plus intense, avec le risque de nous sentir victimes de nos circonstances et de nous enliser. 

En outre, il ne s’agit pas tant d’être optimistes ou positifs; il s’agit plutôt de progression spirituelle. Certaines situations que nous traversons ont pour but de tester notre foi, notre engagement envers nous-mêmes ou de nous pousser à mettre en pratique ce que nous avons appris. Les moments de lumière nous permettent de nous nourrir et les périodes sombres sont des opportunités pour libérer ce qui nous freine et consolider notre force intérieure. Une pratique spirituelle forte nous aide alors à rester centrés et voir les épreuves comme des étapes de notre évolution et donc de faire face aux turbulences tout en gardant notre cap. 

Ainsi, nous abandonner à l’expérience nous apprendra qu’il fait toujours plus sombre avant l’aube et que nous ne pouvons pas nous mettre à l’abri dans notre mental. L’ombre et la lumière aiguisent notre ressenti; en acceptant de ressentir, nous pourrons faire une expérience de nous-même et de la vie plus complète, nous pourrons éprouver plus d’équilibre et de fluidité et apprendre à nous laisser porter par les mouvements de la vie avec la confiance que tout passe. De même que les bons moments passent, les périodes plus éprouvantes finiront aussi par passer.

Et nous aurons grandi. 

 

La vie est cyclique, et la dépression reviendra encore certainement… mais plus nous accepterons de ressentir notre vulnérabilité plutôt que la repousser et plus nous pourrons surfer sur la vague en restant connectés à la confiance que même si nous ne le percevons pas dans le moment, la vie est évolutive et expansive et nous conduit toujours vers une renaissance qui nous aidera à exprimer notre être avec à chaque fois plus de liberté, d’authenticité, de gratitude et de confiance.

Etre intuitif, médium ou sorcière, c’est apprendre à vivre en connexion avec les cycles, donc à être dans le mouvement, et à ressentir intensément les nuances de la vie. C’est être pleinement vivants. 

Avec empathie pour accompagner votre chemin,

Vanessa

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