LA MAGIE COMME CHEMIN DE LIBERTE PERSONNELLE

Ceux d’entre nous qui avons grandi avec un père autoritaire vont généralement adopter l’un ou l’autre comportement: nous pouvons nous rebeller, entrer dans la confrontation, ou nous pouvons nous soumettre. Et lorsque la violence se mêle au chantage affectif brandissant des ‘c’est pour ton bien’ ou ‘je t’aime tellement’, la soumission est souvent la seule option. Insidieusement s’installent une culpabilité, une dévalorisation de soi, une perte de confiance et un besoin  viscéral de validation pour tout ce que nous disons ou faisons. Nous vivons dans une peur constante, avec l’impression de ne pas être assez bien tels que nous sommes, le sentiment que nous devons sans cesse faire des efforts pour nous améliorer, que nous devons adapter nos comportements pour satisfaire des attentes extérieures, d’un parent, d’un partenaire, d’un patron, de la société, sans quoi nous ne méritons pas d’être vus, d’être entendus, d’être aimés. La souffrance se cristallise dans l’âme à travers un sentiment général d’inadéquation… 

Vers l’adolescence, ou parfois vers l’âge adulte, nous pouvons arriver à trouver le courage d’entreprendre de nous libérer et de nous affirmer. Pourtant nous constatons souvent que nous ne sommes en réalité pas prêts à confronter le monde extérieur: nos doutes nous paralysent, la peur d’être rejetés nous étouffe et notre sensibilité s’aiguise, créant souvent une intense souffrance intérieure, et un combat entre notre habitude de la soumission aux règles, à ce qu’on nous dit et à ce qu’on nous impose et cet appel intérieur à faire exploser cette cage qui nous maintient captif de l’approbation de l’autre, mais aussi de nos propres exigences personnelles. 

Nous devenons de parfaits caméléons, jusqu’à ce qu’un beau jour nous nous rendions compte que nous ne savons plus qui nous sommes… Nous prenons conscience que nous menons une vie que nous ne reconnaissons pas, qui ne nous apporte pas de véritable satisfaction, que l’image que nous reflète le miroir nous est à la fois vaguement familière et pourtant tellement étrangère. Notre désir de découvrir qui est cet étranger qui vit avec nous nous conduit généralement vers la spiritualité et la remise en question de nos croyances.

 

La spiritualité a avec la religion une relation complexe que nous ne pouvons commencer à percevoir qu’à mesure que nous réalisons un profond travail sur nous et que nous enlevons les couches qui créent la perception superficielle que nous avons de nous-même et de notre vie. A mesure que nous passons et repassons par les cycles de la vie et par les endroits de la Roue de l’année où nous nous sommes déjà trouvés mais que nous expérimentons à chaque fois différemment nous commençons à percevoir que notre perception de nous et de notre vie est une illusion, que des croyances avec lesquelles nous pouvons être en désaccord  ou que nous avons rejetées – du moins c’est ce que nous croyons de manière consciente – ont en réalité bâti à notre insu celui ou celle que nous pensons être et la manière dont nous construisons notre vie. 

Nous nous tournons vers la spiritualité parce que nous cherchons à donner du sens à notre vie, parce que nous prenons conscience que nous nous sommes perdus et que nous avons besoin de  retrouver notre authenticité. Pour ceux qui s’engagent réellement dans cette voie, la spiritualité nous confronte à nous-même pour apprendre à accepter notre différence, et découvrir la joie de vivre selon notre propre vérité. En consacrant du temps pour être avec nous-mêmes, nous retrouver et découvrir qui nous sommes véritablement, nous apprenons à nous libérer du besoin de reconnaissance extérieure pour ce que nous sommes, notre manière d’être, de penser et d’agir. Nous apprenons à ne plus accepter de sacrifier notre authenticité pour être ‘quelqu’un de bien’, peu importe ce que cela peut bien vouloir dire. Nous sommes amenés à plonger profondément dans les eaux sombres de la lune, dans le tarot. En apprenant à nous familiariser avec sa lumière trompeuse, nous retrouvons nos désirs oubliés, nos véritables passions et mettons petit à petit au jour les expériences passées, de ce passé et d’autres passés plus lointains relégués dans les profondeurs de notre psyché, qui ont façonné la construction de notre ego, cette personne que nous pensons être, et qui détermine en grande partie nos  pensées, nos choix, notre mode de vie et notre manière d’interagir avec les autres.

Une pratique spirituelle régulière et réellement engagée nous amène à explorer nos ombres, des aspects de nous-mêmes que nous n’acceptons pas, que nous rejetons, que nous n’osons pas nous reconnaitre par peur de perdre l’approbation et l’acceptation de nos pairs. Nous découvrons des dieux et des déesses qui apportent des manières différentes d’être et nous reconnectent à d’autres aspects de nous-mêmes, parfois oubliés, parfois inconnus jusque-là. Nous répondons à l’appel du diable, le dieu cornu, à nous confronter aux personnes, situations, schémas qui nous enchaînent et nous soumettent pour remettre en question cette réalité dans laquelle nous sommes devenus prisonniers de nous-mêmes. Les plus audacieux passeront du temps avec les anges déchus, et apprendront à ne plus accepter d’être des ‘anges’, et être et faire ce qui peut être attendu de nous en sacrifiant notre liberté d’expression personnelle. Un jour, ‘nous ‘perdons la grâce’: nous cessons de jouer des rôles conditionnés par le besoin d’être aimés ou admirés, nous choisissons une autre manière d’être.

Enfin, nous pouvons respirer.

 

Cette année 2018 a donné beaucoup de focus aux relations et à la manière dont nos relations impactent l’image que nous choisissons de donner de nous-mêmes et la vie que nous choisissons de mener. Personnellement, j’ai pris conscience de m’être perdue dans le flot incessant d’opinions extérieures, que ce soit à travers des livres, des personnes de mon entourage, des ‘figures influentes’ d’un courant spirituel New Age qui se perd davantage dans un phénomène de mode qu’il ne correspond à une réelle vision spirituelle… 

J’ai ainsi ressenti le besoin profond de choisir la solitude, le silence dans la nature, la mise à l’écart des réseaux sociaux qui m’ont drainée au-delà du supportable. Petit à petit, j’apprends à me connecter non plus à un flot submergeant d’information mais à une source plus sacrée de connaissance, celle de notre propre divinité. J’apprends à me respecter; j’apprends à m’écouter et à valoriser mes besoins. Je comprends que dorénavant, les choses seront différentes, que mes relations vont se modifier, que ceux qui n’ont pas fait ce chemin pourront s’opposer, juger ou simplement ne pas comprendre. 

Mais c’est bien ainsi. Je choisis de ne plus vouloir plaire à des personnes chez qui ma différence crée un inconfort et qui invoquent une prétendue bienveillance pour en réalité tenter de m’amener à correspondre à une image qu’elles se sont créée de moi et qui leur parait plus rassurante. Le vide intérieur autrefois creusé par la continuelle dévalorisation qui m’a poussée si souvent à me conformer à des attentes extérieures se remplit de l’acception de qui je suis et de ma propre reconnaissance de mon expérience personnelle. Désormais, ce qui m’importe est d’être en paix avec mon chemin et d’apprendre à m’offrir mon amour, le seul qui puisse véritablement me remplir, sans plus poser de conditions. 

 

Avec amour pour vous, les non-conformistes, qui choisissez la voie solitaire de l’authenticité et de l’affirmation de soi…

Vanessa

3 réflexions sur « LA MAGIE COMME CHEMIN DE LIBERTE PERSONNELLE »

  1. Merci Vanessa pour tous vos textes, pour tous vos mots, qui résonnent tant en moi , qui m’aident à avancer et qui me donnent aussi très souvent une pointe de courage en plus, pour oser être un peu plus moi-même. Je ne vous connais pas personnellement mais vous êtes chère à mon coeur. Merci pour tout, du fond du coeur.

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