Croissance post-traumatique

Nous traversons tous des moments de crise où nous sommes confrontés à des évènements qui nous secouent totalement et où nous ne savons plus que lest notre chemin. Alors, lorsque tout autour de nous s’écroule, que pouvons-nous faire?

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La tour, dans le tarot, exprime bien ce concept d’ébranlement, de trauma, un évènement soudain qui nous secoue jusqu’au plus profond de notre être et vient provoquer l’effondrement de ce que nous avions construit. Dans mon expérience de vie, dans mon enfance et jusqu’à encore récemment, j’avais appris qu’il y avait 2 manières de réagir lorsque tout s’écroule ainsi: sombrer dans la tristesse, la culpabilité, et y rester coincé et donc tomber dans la dépression et la victimisation; ou se relever et continuer d’avancer, et être une personne ‘forte’. Et j’ai souvent agi de l’une ou l’autre manière. Mais aujourd’hui, alors que tout ce qui était précieux pour moi s’est effondré, j’ai d’abord été submergée par la tristesse et la douleur. Puis je me suis relevée en me disant ‘allez, c’est pour un mieux, continue’. Et puis, je me suis arrêtée.  Et je pense que c’est ce moment d’arrêt qui peut tout changer.

Dans ce moment d’arrêt, j’ai trouvé une vidéo d’une personne que j’apprécie et qui a mentionné le terme ‘croissance post-traumatique’, et j’ai adoré. On a tendance à considérer un trauma, que ce soit une maladie, un accident, un évènement difficile, une relation qui se termine, etc. comme une catastrophe et une fin, mais on oublie souvent que tout ce qui meurt permet à autre chose de renaitre, et qu’à chaque fois que nous sommes arrêtés et bloqués sur notre route, c’est pour aller vers un mieux, donc pour grandir, mûrir. Il y a donc bien une croissance proposée au-delà du traumatisme.

Je pense qu’il y a plusieurs étapes qui permettent le déclenchement de cette croissance, mais qu’on a trop souvent tendance à ne pas les suivre.

  1. Etre là pour soi

La première étape, selon moi, est de reconnaitre que nous nous retrouvons dans une situation difficile et douloureuse, que nous souffrons, que nous ressentons de la déception, de la tristesse, de la frustration, de l’incompréhension, peu importe. Et d’être là pour soi, de se prendre la main, de prendre le temps de s’écouter, de ressentir. Ne pas s’en vouloir de se sentir triste et malheureux, ni se juger en se traitant de faible et aussi de ne pas immédiatement chercher à rebondir.

C’est facile et tentant de s’abandonner, de se détourner de la douleur et de chercher à avancer ‘courageusement’, mais ce serait manquer une opportunité incroyable: celle de guérir, de prendre soin de cette plaie ouverte, et de lui laisser l’occasion de cicatriser, et donc de clore quelque chose dans notre vie: se défaire d’un schéma, lâcher des croyances ou des comportements toxiques. Car si nous rebondissons immédiatement, nous risquons fort de repartir dans le même écueil, de répéter la situation et donc à nouveau de souffrir, d’être déçu et malheureux. Si nous avons entamé un chemin de développement spirituel, il nous sera plus facile de faire cette pause, car nous pouvons nous détacher de notre ego, et ne pas nous identifier à l’évènement que nous traversons ou à l’émotion que nous ressentons. La spiritualité a pour but de nous aider à mieux nous connaitre, et au final à nous aimer, totalement, tel que nous sommes. Cela implique donc d’aimer les parties de nous qui sont ‘aimables’, nos forces, nos qualités, nos belles expériences et nos réussites, mais aussi les parties de nous dont nous avons honte ou qui nous embarrassent ou que nous préférerions ne pas regarder.

2.  l’acceptation de soi  

La seconde étape est de s’accepter, d’accepter d’avoir contribué à la situation et de l’avoir attirée à un certain niveau pour nous donner l’opportunité de grandir, de gagner en maturité et en sagesse. Et nous accepter, malgré ce que nous vivons. C’est bien plus difficile qu’on pourrait le penser car notre société pousse facilement à nous rejeter lorsque nous échouons ou expérimentons une difficulté. De nouveau la spiritualité nous aide à comprendre que nous n’échouons vraiment jamais; nous expérimentons et nous apprenons. Un échec ou une difficulté est une opportunité de changer notre regard, de réorienter notre chemin et donc d’avancer. Mais seulement si nous choisissons de le voir comme tel. Nous pouvons aussi choisir de nous arrêter à l’échec et nous enfoncer dans la victimisation.

Vous savez si vous vous acceptez ou pas, et vous savez aussi ce que vous n’acceptez pas chez vous. Et c’est cette partie-là dont il importe de prendre soin lorsque nous vivons une expérience qui nous est douloureuse. Car ce que nous n’acceptons pas chez nous nous cause une souffrance énorme, pèse sur notre âme et nous empêche d’avancer vers notre bonheur. Le plus souvent, la non acceptation de soi vient de l’enfance; soit nous ne nous sommes pas senti aimé tel que nous étions par nos parents, soit ils avaient beaucoup d’attentes à notre égard et nous avons eu le sentiment que ce que nous faisions n’était jamais suffisant. C’est donc une blessure profonde, et en fait la situation traumatisante vient justement permettre de réparer et guérir cette blessure si profondément ancrée et si douloureuse que sans ce trauma, nous n’irions pas la chercher par nous-même.

Il est donc essentiel de pouvoir s’arrêter et de prendre conscience de ce qui nous cause cette non-acceptation, ce qui fait que nous croyons ne pas être acceptable tel que nous sommes, ou parce que nous sommes confronté à telle situation, telle personne ou telle expérience.

3. Emprunter le chemin de la guérison

Nous ne pouvons pas choisir de nous accepter dès à présent par notre simple volonté. C’est un processus, et il y a généralement plusieurs couches. Lorsque nous prenons conscience de la souffrance que nous vivons, et que nous comprenons que nous ne nous acceptons pas suffisamment et que ce comportement nous est préjudiciable, car il nous empêche de guérir et de vivre les expériences que nous souhaitons vivre, alors nous comprenons que notre situation est une porte ouverte vers la guérison et vers un travail de plus grande acceptation de soi.

Ce travail sera long et ardu, et il comporte lui aussi plusieurs étapes.

4. Le pardon

Toutes les traditions le disent, le chemin de la guérison commence par le pardon. La première chose à faire est donc de se pardonner, de se retrouver dans cette situation d’écroulement et de déception et de désillusion. Et ensuite pardonner à toutes personnes qui auraient pu contribuer à ce que nous en arrivions là ou que nous ressentions ce que nous ressentons.

Ce chemin de guérison vers l’acceptation de soi est un cadeau que nous pouvons choisir de nous faire ou pas. Nous pouvons choisir de le vivre de manière positive, si nous savons pourquoi nous le vivons et ce qu’il nous apportera. Et là encore, une ouverture de conscience et une assise spirituelle sont essentielles pour pouvoir voir le positif dans la souffrance. En ayant une spiritualité, nous pouvons avoir confiance que ce qui nous arrive arrive pour une raison et que même si nous ne parvenons pas à le voir pour le moment, ce sera positif. Et si nous faisons confiance à la vie, à Dieu, ou à l’univers, alors nous nous faisons confiance aussi. Se faire confiance veut dire que nous choisissons d’être notre ami au lieu de nous battre contre nous-même.

5. Créer un rituel

Une fois que nous avons confiance que les choses se passent comme elles se passent pour un bien, nous pouvons reprendre notre vie en mains plutôt que nous poser en victime à qui on fait du mal de manière injuste. Pour reprendre notre vie en mains, la première chose à faire est de définir une intention ou un objectif. Voyez ce que vous souhaitiez mettre en place, comprenez que les choses se sont écroulées autour de vous pour une raison, et donc réévaluez votre trajectoire. Si vous êtes totalement honnête avec vous-mêmes, êtes-vous certain que vous alliez dans la direction que vous souhaitiez, ou aviez-vous choisi un chemin qui vous semblait plus facile ou plus accessible ou plus acceptable? Vérifiez quel est votre véritable objectif, et définissez-le clairement.

Ensuite, à nouveau prenez les choses en mains, définissez les étapes et les objectifs à court-terme qui vous aideront à avancer vers  votre objectif final. Notez-le sur une feuille; écrire permet de préciser ce que nous souhaitons et de mieux percevoir si c’est juste pour nous ou pas. Ecrire, c’est aussi passer un engagement avec soi-même, décider de se donner les moyens de réaliser tel objectif en suivant telles étapes. Cela ne veut pas dire qu’il faut être rigide, en fait il sera bon de revoir nos objectifs à mi-chemin, ou même plusieurs fois sur le chemin, pour à nouveau évaluer la situation et s’assurer d’aller là où nous le souhaitons. Définissez de petites étapes, pour qu’elles vous semblent réalisables. Encore une fois, si vous êtes déstabilisé et déçu ou frustré, prenez soin de vous et ne vous fixez pas des objectifs qui vous semblent impossibles à atteindre et vous feront vous sentir incapable ou nul ou autre chose.

Et si vous le sentez, faites un petit rituel pour sceller votre engagement. Notre vie est marquée de rituels: un anniversaire, un mariage, une distribution de diplômes, etc. Faites quelque chose pour marquer ce changement et ce chemin de guérison que vous choisissez de suivre: allumez une bougie, brûlez votre feuille pour confier votre intention à l’univers, faites des affirmations ou des visualisations.

Ce genre d’expérience apporte l’opportunité de voyager à l’intérieur de nous-mêmes, d’apprendre à mieux nous connaitre. Mais comme c’est un moment qui est difficile et pénible pour nous, il est important de nous apporter le soin et l’attention dont nous avons besoin. Cela signifie prendre le temps de s’écouter, d’entrer en contact avec nos émotions, d’observer nos pensées et de choisir la voie de l’exploration et de l’éveil en avançant par petits pas. Au final, ces expériences nous apprennent à nous demander: qui suis-je? Qu’est-ce qui me rend heureux? Comment puis-je créer plus de bonheur dans ma vie? Et elles nous permettent aussi de reprendre le pouvoir de notre vie, de nous libérer des conditionnements et enfermements dans lesquels nous nous plaçons parfois pour pouvoir grandir.

Aujourd’hui, mon rituel a été d’aller acheter de jolies fleurs et de me préparer un bon thé et de me donner simplement le temps d’être présente à ce que je vis…

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