Suivre sa voie

Nous traversons une période de crise profonde sur le plan individuel et collectif. Nous sommes poussés à mettre en place des changements qui nous bousculent parfois assez puissamment. Nous avons eu la semaine dernière une nouvelle lune en bélier. Pour moi c’est un peu comme si on remettait le calendrier à 0 qu’on revenait au 1er janvier de l’année 1! Nous sommes poussés à laisser tomber nos masques et nos costumes et à laisser notre être intérieur véritable émerger et briller.

Depuis quelques temps, beaucoup de personnes s’interrogent sur leur chemin, quelle est leur mission et comment trouver cette mission? Je suis moi-même passée par cette phase, et j’aimerais partager quelques idées et conseils que j’ai pu amasser en chemin (c’est le cas de le dire!).

J’ai, peut-être depuis toujours, été poussée à suivre un appel au plus profond de moi, je savais que j’avais une mission, quelque chose d’important qu’il me fallait faire et il me fallait le trouver. J’ai donc cherché assidûment cette ‘vérité’ qu’il me fallait découvrir pour ensuite y répondre. Je percevais dans cette mission un sens du sacré, même si je ne voyais pas comment, ou pourquoi, moi, je pourrais y faire quoi que ce soit. Bref, j’ai cherché, j’ai écouté, j’ai suivi et je me suis retrouvée sur le chemin de la thérapie. Ayant eu une enfance particulièrement difficile et sombre, mon chemin a commencé par de profondes guérisons, de traumas et de schémas. Et tout naturellement, j’ai cru que ma mission était d’aider ceux qui comme moi avaient souffert profondément. Je voulais me spécialiser dans l’accompagnement de personnes ayant subi des chocs traumatiques (maltraitance, abus, etc).  En même temps, étant moi-même en train de guérir ces parties de moi, je n’étais pas sure de pouvoir (ou vouloir) trouver la force intérieure d’adresser ces difficultés chez l’autre sans que cela ne m’affecte trop.

J’ai donc poursuivi mon chemin et je suis arrivée à ce qui touche davantage le développement personnel et spirituel. C’est à dire qu’il ne s’agissait alors plus de ‘guérir’ mais d’apporter des pistes de mieux-être, rallumer une lumière d’espoir, montrer qu’autre chose était possible. Et j’ai donc également modifié ma trajectoire et affiné cette mission qui m’appelait tant, et je me suis dirigée vers un accompagnement plus ‘doux’. Je suis arrivée à un moment où les choses me semblaient bien aller, ce que je faisais me semblait ‘bien’, je renvoyais une ‘belle image’, c’était acceptable, valorisant, etc. Et puis d’un coup tout s’est arrêté. C’était l’année dernière, en été. Après m’être bien entendu débattu un moment, j’ai accepté de me laisser porter par le courant, car toute cette partie de guérison et d’ouverture spirituelle m’avait permis de gagner en confiance, d’avoir en moi cette ferme conviction presque (presque!) inébranlable que tout arrive pour une raison et que l’univers est rempli de sagesse et de bienveillance.

Et là je suis passée par une longue descente dans les eaux profondes de mon inconscient, dans les recoins probablement les plus obscurs, j’ai revécu des évènements extrêmement douloureux de vies passées par régressions spontanées, des flashs et des rêves. Et j’ai ainsi fini par me libérer de choses très lourdes qui me bloquaient dans ma vie. Je disais souvent il y a quelques années que j’avais cette impression d’être emprisonnée et que je cherchais à faire éclater cette structure qui me retenait piégée, immobilisée, qui m’étouffait. C’est ce que cette descente m’a permis enfin de faire!

Je ne veux pas susciter de peur; j’était déjà assez familière avec le travail sur les ombres, et j’ai eu sur mon chemin des outils et des personnes qui m’ont apporté soutien, éclairage et réconfort, ce qui m’a permis d’aller résolument de l’avant.

Tout ceci pour dire en fait que oui, nous avons une mission, nous sommes venus pour ‘faire’ quelque chose qui servira à l’humanité d’une certaine manière, ce peut être juste toucher le village, ou le pays ou au-delà, peu importe. Mais ce qui importe le plus, c’est de comprendre que notre mission est avant tout envers nous-même. Notre mission est de nous libérer, de guérir nos souffrances, nos mémoires, nos blessures physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles. Tant que nous cherchons notre voie dans ce qui sera acceptable ou bien vu, que nous voulons aider les autres, nous restons prisonnier de notre ego, en évitant d’aller travailler nos peurs et de nous en libérer et nous compensons alors en cherchant à aider l’autre. Nous ne devons pas chercher à correspondre aux attentes des personnes autour de nous, que ce soit notre famille, nos amis ou des clients. Nous n’avons pas à nous adapter pour satisfaire et répondre aux attentes que les autres peuvent avoir. Ce n’est pas cela qui nous rendra heureux et qui nous épanouira et qui guérira les souffrances dans notre âme.

Nous devons comprendre notre appel et ensuite suivre notre voie, même créer notre voie. Et nous créerons notre voie en suivant ce qui nous plait, ce qui remplit notre cœur de joie, ce qui nous nourrit au plus profond de notre être et nous aide à avancer dans ce monde parfois difficile. Et nous n’avons pas à le modifier, le censurer ou l’adapter pour répondre à une ‘demande du marché’, une attente de notre famille, de notre milieu social, etc. Parce que c’est toujours notre ego qui nous fait croire que si nous nous écartons du chemin ‘ordinaire’, de la foule, nous serons considérés comme bizarres et nous serons rejetés. Oui, il y a une foule, et cette foule fraie un chemin qui devient la norme, qui réponde à ce qui est ‘acceptable’, mais à côté de cette foule, il y a un tas de gens considérés par cette foule comme ‘étranges’ ou ‘extravagants’; il vous suffit de rejoindre un autre groupe si celui dans lequel vous êtes ne vous accepte pas.

Aujourd’hui, j’ai libéré d’énormes conditionnements familiaux, sociaux, religieux, moraux, des mémoires ancestrales de ma famille et de mon propre chemin d’âme, et je suis beaucoup plus libre, libre d’être qui je souhaite être, libre de créer ma mission, libre de créer la vie qui m’apportera le plus de bonheur, de bien-être et de joie. Et ce chemin est bien plus ésotérique que thérapeutique. Il y a encore 1 an je n’aurais pas pu le suivre, car même s’il m’appelait déjà, je me disais que je ne « pouvais pas » le suivre, car que dirait-on de moi, ce n’était pas sérieux! Et c’était bien là que j’étais enfermée: toute mon enfance, j’ai été une fille sage, une élève brillante, une étudiante encouragée et complimentée… j’ai répondu aux attentes qu’on pouvait avoir de moi, d’un enfant ou d’un élève, mais je n’ai pas été moi-même, je ne me le suis pas permis, j’avais trop peur d’être rejetée. Aujourd’hui, je me défais de ce caméléon, je choisis de faire ce qui m’apporte le plus de bien-être, ce qui nourrit le plus mes journées, ce qui m’apporte le plus de joie, je choisis l’authenticité et je m’aligne avec mon cœur et mon âme. Et là, pour la première fois… je respire!

Je me demandais encore récemment, pourquoi est-ce si important que je suive ce chemin ésotérique plutôt que de garder une ‘image’ pour le social et le professionnel et faire ce que j’aime à côté. J’ai compris. C’est parce que j’ai tant souffert de ne pas pouvoir être moi-même, j’ai tant souffert pour avoir osé être moi-même dans le passé (ou les passés), et d’autres avant moi ont aussi souffert pour avoir défendu leurs opinions, leurs convictions, leur chemin. Nous sommes dans une période de guérison très profonde du féminin sacré, de restauration des énergies de ce féminin sacré: on parle partout d’intuition, d’énergie, de plus en plus de personnes se procurent des tarots et oracles qui sont déclinés presque à l’infini, on parle des bienfaits des thérapies naturelles, des plantes, ou on découvre des secrets liés à l’Atlantide et aux connaissances incroyables de cette ancienne civilisation… Ce sont les différentes facettes de l’archétype de la sorcière qui sont actuellement restaurées, nourries, remises en lumière et revalorisées après avoir été tant bafouées, en grande partie par la religion, mais pas que.

Et mon parcours personnel et individuel s’inscrit dans ce chemin plus universel de guérison du féminin sacré. Et donc, maintenant que j’ai pu nettoyer et libérer les peurs et les traumatismes issus de conditionnements et d’évènements parfois abominables qui ont entaché ce magnifique chemin de sagesse et de guérison, de connexion et de célébration de la vie,  c’est vraiment comme si je me souvenais de qui j’ai toujours été, et il me parait important mais aussi simplement naturel d’honorer et de célébrer ce chemin magique qui s’est ouvert devant moi. Il s’agit d’une démarche sacrée qui rend hommage à mes ancêtres et qui fête leur retour à la vie et à la lumière.

Le mot sorcière est encore fort galvaudé et empreint d’énergies liées à l’histoire et de stéréotypes diffusés dans les films. J’ai d’ailleurs beaucoup hésité à en parler. Mais pour moi il s’agit de bien plus qu’une pratique, c’est un chemin spirituel, c’est mon mode de vie au quotidien et c’est qui je suis. C’est pour cela que je disais que je crée mon chemin plutôt que je le suis, car cette voie est actuellement si remplie de préjugés et d’idées préconçues qu’il peut être difficile de savoir exactement ce qu’elle implique. Et donc, je n’ai aucune envie de suivre des principes qui décriraient comment je dois suivre ma voie, car ce serait retomber dans des préjugés ou conditionnements. Je souhaite comprendre ce que cela signifie pour moi. Pour moi, ce chemin se traduit par le fait de prendre ma vie en mains, d’honorer les cycles de la vie, de puiser dans les énergies et influences (astrologiques, de la lune, du jour ou de la nuit), d’étudier les traditions ésotériques et mystiques, et de vivre ma vie en accord avec elles, et de créer ma vie, de laisser ma nature profonde s’exprimer et retrouver sa liberté. Depuis petite, j’ai toujours été fascinée par le monde des mystères, la magie, les anciennes civilisations, surtout l’Atlantide, la Lémurie, la Grèce, les Mayas, etc; c’est ce qui m’a conduit sur le chemin de la thérapie et surtout de l’approche jungienne de la psychologie, qui comprend une partie ésotérique. Mais je ne me sentais qu’à moitié moi-même.

Et ainsi, ma mission, comme je l’entends aujourd’hui, même si elle va encore évoluer, est d’honorer ce chemin qui après des siècles de noirceur, revient aujourd’hui à la lumière, et de guérir le chemin, l’archétype et les mémoires de cette ancienne voie de traditions et de sagesse, de la libérer des conceptions et stéréotypes et de restaurer l’image de cette femme pleine de sagesse, cette conseillère et cette guérisseuse.

Mon activité ne changera pas vraiment. Car même si je reconnais seulement aujourd’hui qui je suis, je l’ai toujours incarné, en tous cas de plus en plus. Je continuerai à offrir des tirages, des consultations, des soins naturels, avec des pierres, des fleurs de Bach, des essences de cristaux et des ateliers. Ce sont peut être les ateliers qui seront davantage axés sur cette pratique, l’intuition, les facultés psychiques et le sacré notamment.

J’espère que cet article vous encouragera vous aussi à vous libérer des conditionnements et à devenir qui vous êtes réellement, et à vivre de manière authentique et en phase avec vos convictions profondes et vos valeurs.

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