Se nourrir

On m’a posé une question sur l’alimentation, et je me suis dit que cela pouvait être intéressant de partager ce qui en ressort.

Se nourrir… quel vaste débat! Qui commence déjà à la naissance, alors qu’on s’empresse de demander à la jeune maman: donneras-tu le sein ou pas, et la réponse, quelle qu’elle soit, apportera son lot de critiques, opinions et avis en tous genres. Et cela ne fait que démarrer!

Se nourrir, c’est d’abord se maintenir en vie, ensuite c’est permettre un épanouissement. La plupart du temps, nous restons dans la survie. Nous mangeons ‘comme on nous l’a appris’, nous mangeons ‘comme les autres’ pour avoir un sentiment d’appartenance et éviter le rejet, nous mangeons ‘pour être en forme’, ‘pour perdre du poids’, pour ‘guérir’. Bref, notre nourriture affecte une vaste palette d’émotions, et suit des idées et principes spécifiques.

Changer sa manière ne manger n’est jamais bien vu. Parce que changer la manière dont on se nourrit va nécessairement entrainer des modifications quant à qui nous sommes. Nous allons penser différement, nous allons remettre certaines choses en question, nous allons refuser de suivre bêtement des principes qui au final ne nous serve pas vraiment. Ensuite, manger est culturel, on se retrouve autour d’un bon plat, pour certains un barbecue champêtre, pour d’autres un restaurant haut de gamme; on discute autour d’un repas, on se rencontre en prenant un verre ou un repas ensemble… Se nourrir, c’est donc se nourrir soi, alimenter son corps, mais aussi nourrir ses relations.

Donc, dès que nous décidons de changer notre manière de nous nourrir, notre entourage risque fort de s’y opposer, car nous décidons de changer, mais les autres autour de nous n’ont pas pris cette décision. Pourtant, si je modifie mon alimentation et que je m’en porte mieux, je mets l’autre face à ses problématiques et sa responsabilité, et donc sa nécessité de changer, lui qui n’avait rien demandé, qui était si heureux de ‘profiter’ de la vie et laisser faire…

Un autre thème qui revient lorsqu’on parle d’alimentation, et de transition, c’est la question des carences. Si je ne mange plus comme avant, je vais d’office avoir des manques. Or, changer d’alimentation, c’est souvent pour manger mieux, et donc, combler les carences, restaurer la santé, ce qui peut bien entendu être tout un processus. Il s’agit avant tout d’une croyance qui justifie notre ancienne manière de nous nourrir ‘Si mon alimentation n’est plus bonne pour moi et que je la change, je vais ‘perdre’ quelque chose’. Parce que face au changement, l’humain éprouve naturellement de la peur, cette peur de l’inconnu, plutôt que de la confiance. Il s’imagine donc toujours que changer veut dire perdre. Or, changer, c’est grandir, s’ouvrir, mieux se connaitre, et donc, on a tout à gagner! Mais pour nous retenir de changer, on a mis en place de gros mythes: notamment les protéines et les minéraux.

La carence en protéines

On nous dit qu’il faut consommer de la viande pour les protéines. Pourtant, nous descendons des grands singes et gorilles, qui se nourrissent de feuilles vertes. La viande est les protéines sont donc un mythe.

Ensuite, les protéines servent à la construction des tissus cellulaires. Un enfant en pleine croissance a besoin de protéines, qui lui viennent du lait maternel. Et le lait maternel ne comporte qu’environ 7% de protéines. Donc, l’adulte, pleinement constitué, a besoin de moins de 7% de protéines… qu’il trouve facilement dans les légumes verts.

La carence en minéraux

Un autre gros sujet est celui du calcium, et des minéraux. Ce qu’il faut savoir, c’est que le calcium contenu dans le lait, qui est cuit à Ultra Haute Température (UHT) ou pasteurisé, est mort, donc inutilisable pour le corps; c’est un caillou qui vient en fait l’encombrer. En outre, le lait de vache n’est pas adapté à l’humain; il se transforme en solution acide. Pour contrer cet apport massif d’acidité, le corps pompe alors dans les minéraux pour le neutraliser (1 acide + 1 minéral = neutre), il pompe donc entre autre dans les réserves de calcium. Les Occidentaux, qui sont les plus grands consommateurs de lait, sont aussi les plus touchés par l’ostéoporose… A méditer!

Ainsi, supprimer le lait et les céréales réduit l’acidité dans le corps, donc évite à l’organisme de devoir pomper dans ses minéraux, donc préserve en réalité son capital minéral. Manger sainement, c’est donc renflouer ses réserves et non les vider!

Tentations et envies

Un autre sujet intéressant est celui des tentations. Voilà un thème qui fait bien écho à notre vision judéo-chrétienne: le bien, le mal, la culpabilité et la punition (sous forme de colère ou mépris envers soi).

‘Se nourrir sainement’, c’est abandonner cette conception de bien vs mal, c’est arrêter de juger et de se juger, mais c’est choisir de s’aimer, de s’accepter, d’être son ami et d’être là pour soi. C’est très bien de veiller à son alimentation, chercher à se nourrir sainement. Mais si ensuite, en voyant un dessert, vous ressentez une envie, mais que vous la refoulez parce que ‘ce n’est pas bien’ et que vous vous jugez et culpabilisez, de quoi vous nourrissez-vous? Toute cette toxicité intérieure est-elle vraiment moins nocive que celle de votre envie?

Pour moi, l’alimentation n’est pas le problème. Manger mal, manger sainement, faire régime, manger cru, les carences ou les envies, ce n’est pas le problème. C’est le symptôme, c’est le message. Le « problème », ce sont les mémoires, les blessures, les croyances. C’est cela qu’on vient guérir ici sur terre. Et elles se reflètent dans notre manière de nous nourrir.

Ma manière de fonctionner, c’est de regarder d’abord ce qui se passe et ce que cela veut nous dire, avant de changer quoi que ce soit.

  • D’abord, qu’est-ce que je mange, comment je me sens, pourquoi je veux changer ? Que me dit mon hygiène de vie actuelle ?
  • Pourquoi je me sens tenté ? Parce que j’ai peur qu’on me rejette, qu’on me trouve différent et alors je vais me retrouver seul, donc je me laisse tenter pour faire comme tout le monde ?
  • Je suis tenté car cet aliment me rappelle de bons souvenirs ? Et donc j’ai un attachement à une situation ou personne?
  • Je suis tenté, et alors ? Je refuse de céder, et donc je me fais du mal, je me juge, je me trouve nul d’être tenté ? Ou je cède mais je culpabilise, et je me trouve nul de ne pas avoir de discipline ?

Je suis tenté, d’accord, mais c’est comment je réagis qui importe réellement.

L’important, c’est de comprendre que tout est parfait, que nous sommes parfaits, et donc d’accepter.

Ok, j’accepte que je suis tenté, et j’en fais quoi ?

  • Je l’utilise pour me faire du mal, en culpabilisant, en me traitant de faible ou en disant que je n’ai aucune volonté ?
  • Ou je choisis de me faire du bien et de suivre mon intention de me libérer de quelque chose qui me nuit (cet aliment qui crée une douleur ou un malaise) par de l’auto-discipline bienveillante?
  • Ou j’accepte qu’aujourd’hui je ne me sens pas en top forme, j’ai vécu quelque chose de difficile, ou je suis fatigué, et donc je me permets de céder à cette tentation, avec compassion pour moi-même car pour le moment, je ne sais pas comment mieux gérer ce que je ressens…

Changer son alimentation, c’est changer sa manière de se nourrir, sur tous les plans, physique, émotionnel, spirituel; c’est apprendre à se nourrir d’amour, de joie, de liberté, de pardon plutôt que de frustration, de honte, de stress et de jugements…

Alors, si vous souhaitez entamer un chemin de transition alimentaire, demandez-vous d’abord pourquoi vous le faites; faites ensuite un bilan de où vous en êtes, et ensuite voyez comment introduire une belle nourriture dans votre vie et votre être, pas par obligation et contrainte, mais par amour, pour apprendre à vous comporter autrement, à vous traiter autrement, à vous nourrir autrement, sur tous les plans.

Finalement, il s’agit de se nourrir de peur (manque, jugements, culapbilité, etc.) ou de se nourrir d’amour…

Notre manière de nous nourrir est pour moi une partie intégrante de la spiritualité, et de notre guérison.

2 réflexions au sujet de « Se nourrir »

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