La spiritualite EST la vie

Je suis en contact avec beaucoup de personnes qui tendent à parler de spiritualité, de travail spirituel, de vie spirituelle, comme si c’était un objectif à atteindre ou que cela apportait une valeur particulière. Pourtant, ne sommes-nous pas des esprits, des âmes, incarnés pour vivre une expérience humaine? Ne sommes-nous donc pas spirituels par avance? Toute la difficulté n’est-elle pas de rester connectés à notre nature divine et spirituelle, de pouvoir garder du recul, de nous rappeler de revenir à la source pour apprendre à incarner notre spiritualité dans nos vies…

Alors qu’est-ce que la spiritualité? Personnellement, je considère la spiritualité comme l’ensemble de valeurs personnelles à partir desquelles je construits ma vie, càd des valeurs que j’ai explorées par moi-même, que j’ai dégagées à partir de mes expériences de vie et de mes interrogations, par opposition à des valeurs ou idéaux qui viennent de l’éducation, de règles extérieures, de religions, de morales ou de principes établis. Ma spiritualité est l’ensemble de mes croyances sur qui je suis, sur mon chemin, la vie et sur ma manière de percevoir le monde qui m’entoure, et que je choisis d’appliquer dans ma vie.

Je pense que beaucoup confondent la spiritualité avec la religion ou des règles de société, souvent sans s’en rendre compte, et disent : pour être spirituel je ne dois pas me mettre en colère, je dois ressentir ou rechercher la joie, me mettre au service des autres ou encore cela ne sert à rien d’être triste puisque cette vie n’est pas la seule réalité. Tous les ‘il faut’, ‘je dois’, ‘je ne peux pas’ sont des restes de conditionnements religieux qui ont divisés et séparés dans des catégories bien définies: le bien et le mal, ce que nous pouvons ou devons faire ou ne pas faire, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Cette perception n’est ni bonne ni mauvaise en soi; simplement ce sont des règles extérieures et à un moment il est nécessaire de nous relier au diable dans le tarot et de remettre en question les règles établies, de revoir les peurs auxquelles nous donnons notre pouvoir en les laissant nous enfermer dans des comportements, des peurs d’être jugés que nous projetons sur les personnes qui nous entourent ou en plaçant sur nous des obligations ou des limitations à ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire.

Dans la vie, rien n’est positif ou négatif, tout est. Le jour est. La nuit est. Le jour est lumineux; la nuit est sombre. L’un n’est pas positif l’autre négatif, les deux sont justes et se complémentent. De la même manière, ce que nous vivons n’est jamais positif ou négatif; des situations sont douloureuses, d’autres sont réjouissantes. La terre nous offre cette incroyable opportunité de vivre des expériences extrêmement diversifiées, de pouvoir connaitre toute une palette d’émotions, de ressentis, et de faire cette expérience de l’ombre et de la lumière, et d’aller explorer la lumière intense du bonheur et les profondeurs obscures de la peur ou la tristesse, tant autour de nous qu’à l’intérieur de nous.

Ensuite lorsque nous vivons une situation éprouvante, et source de tristesse, nous avons le choix de la manière dont nous allons réagir, à nouveau cette dualité qui existe en toute chose… Nous pouvons ressentir la tristesse, qu’elle soit légère ou qu’elle nous transperce jusqu’au plus profond de nous, ou nous pouvons choisir de bloquer cette tristesse, de nous blinder, de prendre une profonde respiration et nous dire que ‘il faut bien continuer’ en serrant les dents. Mais à mesure que nous nous blindons, nous pouvons parvenir à bloquer la peine (mais nous ne pouvons cependant pas nous en prémunir) mais nous bloquons aussi toutes les autres émotions: la joie, la confiance… et surtout nous bloquons notre connexion à nous-même.

Et pourtant, comment pouvons-nous vivre en n’étant plus connectés à nous? C’est malheureusement l’origine de bien des drames de notre mode de vie actuelle… Lorsque nous nous déconnectons de nous, nous nous coupons de notre capacité à sentir ce qui est bon ou de ce qui n’est pas bon pour nous, de ce qui est juste ou pas, nous pouvons même nous laisser endoctriner par des concepts totalement déraisonnables. Cette déconnexion nous pousse bien souvent à ne rechercher que les expériences considérées comme ‘positives’, en imaginant des absolus, alors que nous n’avons pas vraiment pris le temps de réfléchir à ce qui peut être positif ou négatif pour nous. Car la stagnation est-elle une expérience positive? L’enfermement dans un travail insatisfaisant est-il positif? La peur de vivre notre vie en affirmant nos propres valeurs est-elle positive? Nous étiquetons, nous imaginons, nous courons après des méthodes révolutionnaires pour chercher la porte qui nous mènera à un bonheur tout rose, et nous passons à coté de la vraie voie vers le bonheur: nous ne pouvons pas expérimenter un grand bonheur si nous n’acceptons pas aussi de nous exposer à de grandes souffrances. Nous ne pouvons pas vivre notre bonheur dans notre bulle alors que le monde autour de nous est à feu et à sang. Le bonheur, c’est d’être en vie, c’est de prendre le temps de regarder le soleil se lever, la lune apparaitre, un enfant qui joue, un animal qui donne toute sa tendresse, … Le bonheur est là sous nos yeux; mais le vrai bonheur est suivi de près par son ombre. Et nous avons donc le choix: nous pouvons nous fermer aux malheurs de la vie, et aussi nous fermer au bonheur, nous pouvons vivre notre vie dans une bulle artificielle et passer tout notre temps à craindre le moment où elle finira par éclater. Ou nous pouvons nous ouvrir à la vie, choisir de tout accepter, de tout ressentir, en étant profondément connectés à soi. La roue tourne, la pluie laissera la place au beau temps; lorsque nous avons appris à trouver notre centre, rien ne pourra nous déstabiliser, nous pourrons nous éloigner un moment, mais nous finirons par revenir au centre. Ce centre, c’est pour moi la spiritualité, qui vient de la découverte de soi et de la connexion à soi et à ce qui nous entoure…


Je pense que si la psychologie fait tout remonter à l’enfance, c’est parce que pour vivre une vie épanouissante, nous avons besoin d’être de bons parents: de construire notre vie comme de bons pères de famille: en étant responsables de ce que nous créons, en agissant concrètement pour concrétiser nos projets, en mettant en place certaines règles de vie et une discipline pour construire notre vie. Ensuite être de bonnes mères envers nous-mêmes: pouvoir être présents pour nous et prendre soin de nous lorsque nous vivons de la peur, des doutes, de la souffrance, rester reliés à nos ressentis pour créer des échanges remplis de respect et de compassion et placer nos limites lorsque cela est nécessaire. Et aussi savoir de temps en temps redevenir des enfants: prendre le temps de nous amuser, de profiter, et maintenir notre capacité à être spontanés et curieux.

Peu importe où vous en êtes sur votre cheminement, la roue tournera, et la vie est tellement remplie de sagesse que si vous vous êtes enfermés dans une sécurité illusoire confinée dans la recherche d’expériences ‘positives’ uniquement, elle finira par vous pousser au dehors pour vous amener vers de nouvelles expériences plus épanouissantes. La roue tournera, un chapitre se clôturera ou votre construction s’écroulera. Mais soyez certains que toute fin amène un nouveau commencement et que tout commencement arrivera à sa fin. Le reste est une expérience…

Je vous transmets ma compassion et vous souhaite de pouvoir trouver votre centre pour explorer toute la richesse de la vie… Vanessa

2 Replies to “La spiritualite EST la vie”

  1. Chrystelle Jurien dit :

    Ca me parle vraiment, pas plus tard qu’hier, tout ce que tu écris s’est  » mis en place » dans ma tête. Je ne sais pas le verbaliser aussi bien que toi alors merci.
    Et je t’aime ❤

  2. Binon dit :

    Bonjour Vanessa, très belle réflexion, vous devriez écrire un livre, quand on commence à vous lire on ne s arrête pas. Ma fille connaît un gros chagrin sentimental dont elle ne se remet pas, elle maigrir, elle prend des récupérations au travail, elle s isolé. Je lui ferais lire votre texte car elle aime aussi vous lire. J espère que cela lui fera du bien.
    Je vous envoie bcp de douceur.
    Nathalie

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